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Appel à communication "(S’)Exiler" pour la Journée des doctorants 2016 École doctorale 31 « Pratiques et théories du sens » (31 mai 2016)

Le 5 avril 2016 à 19h33

Appel à communication pour la Journée des doctorants 2016
(S’)Exiler
École doctorale 31 « Pratiques et théories du sens »

Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
31 mai 2016



Envoi des propositions de communication au plus tard le vendredi 8 avril 2016

Pour la huitième année consécutive, l’École Doctorale 31 « Pratiques et théories du sens » propose une Journée des doctorants, organisée par un comité de doctorants.
Le thème retenu pour la Journée du 31 mai 2016 est « (S’)Exiler ».

Présentation
Le Petit Robert définit l’exil comme « l’expulsion de quelqu’un hors de sa patrie, avec défense d’y entrer » et comme la « situation de la personne ainsi expulsée ». L’exil, suivant cette première définition relativement restreinte, n’est jamais un choix : c’est le résultat d’une décision politique de bannir un individu, pour de multiples raisons. Si la volonté de l’individu exilé n’est pas pertinente pour l’analyse, comment comprendre alors l’existence, dans la langue française, du verbe pronominal réfléchi : « s’exiler » ? En faisant réapparaître une dimension volitive, il fait émerger toutes les ambiguïtés d’une situation qui entremêle fortement la soumission ou la passivité d’un sujet à une décision réfléchie et assumée. De la décision subie au choix libre, en passant par le choix forcé (par des circonstances, par exemple), beaucoup de configurations mènent à l’exil et font entrevoir dès maintenant la labilité du phénomène.
Plus encore, l’exil est une problématique qui dépasse l’individu. D’un côté, l’acte d’exiler et de s’exiler concerne les sociétés où elles se déroulent, de l’autre, il altère profondément les rapports de la société d’accueil. La montée des sentiments nationalistes dans certains pays d’arrivée démontre à quel point ils peuvent se montrer réfractaires aux changements de leur imaginaire social. La construction de « l’autre » est une étape essentielle pour l’invention d’une identité communautaire.
Dans ce cas, l’exilé est partagé entre son identité ethnique et la culture du pays d’accueil. Une hybridité culturelle, linguistique, identitaire crée un déchirement plus ou moins violent qu’il faut analyser.
Multiforme, l’exil peut également être dit « intérieur » ou « imaginaire », geste radical qui témoigne d’un profond malaise lors duquel il s’agit « de nourrir la nostalgie d’un pays que l’on n’a jamais connu, d’éprouver le manque d’une langue que l’on n’a jamais parlée » (Alexis Nouss) ». L’exil dévoile ainsi sa pluralité, sa multiplicité. Il faut alors l’envisager plutôt comme une expérience singulière que sous l’angle de statistiques de masse. L’actualité politique a ouvert des perspectives pour un large champ de réflexions sur l’être-là et l’être-ailleurs que la recherche aujourd’hui peut prendre en charge pour élaborer des questionnements et apporter des éléments de réponse.
La pluralité des expériences de l’exil invite à penser son ambiguïté axiologique. Expérience de la perte et de la destruction des repères, l’exil peut se transformer en un espace positif de création et de liberté pour une reconstruction de l’individu et d’un monde de sens différent. Voire même, par les différences qu’il apporte, l’exilé est celui qui fait bégayer la société, qui la questionne et l’invite à se renouveler. En effet, l’exil implique aussi le problème du foyer et de la familiarité. Réfléchir sur cela, c’est aussi se poser la question de l’appartenance. C’est dans l’espace ouvert par l’étrangeté que l’identité apparaît comme une perte que l’on supporte mal : le Même ne devient désirable que lorsque l’on s’aperçoit qu’il est absent. Dès lors, nous avons l’impression que certains territoires nous comblent, que certaines cultures nous intègrent et nous complètent. Sommes-nous des êtres à racines, qui, privés d’un sol nourricier, sont condamnés à sécher et à vivre dans le deuil de ce que nous avons perdu ? Ou au contraire changer de sol est-il un moyen de nous donner une nouvelle vigueur ?
Les problématiques qui s’ouvrent sous l’angle de cette défamiliarisation par l’exil sont
nombreuses : le rapport à la langue, la question de la mémoire, la problématique de l’intégration…
Exil, défamiliarisation et création : à la croisée des disciplines de notre École Doctorale, c’est le rapport entre ces termes que nous souhaitons interroger.
Cette problématique peut se déployer sur tout un ensemble d’axes que nous proposons ici pour guider votre réflexion.

Calendrier
Envoi des propositions de communication au plus tard le vendredi 8 avril 2016, à l’adresse suivante : ed31.jdd@gmail.com
Réponse (acceptation, conseils de modification ou refus) : le mardi 12 avril 2016.
Journée des doctorants : le mardi 31 mai 2016.

Contact :
Les doctorants faisant partie du Comité d’Organisation de la Journée des Doctorants 2016 sont :
Paulo Ferraz
Pauline Hachette
Raphaël Horrein
Nedjma Khlelifi-Otmane
Soumia Lablack
Hassina Merdjane
Alice Moreira Lopes de Carvalho

Pour toute information ou renseignement complémentaire, vous pouvez nous envoyer un mail à l’adresse suivante : ed31.jdd@gmail.com



Merci à Élise Abassade pour le signalement de cette précieuse information