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Paru récemment Un acteur incompris de la décolonisation, le général Édouard Méric (1901-1973) de Daniel Rivet aux éditions Bouchène

Le 26 octobre 2017 à 12h11

Paru récemment Un acteur incompris de la décolonisation, le général Édouard Méric (1901-1973) de Daniel Rivet aux éditions Bouchène, 2015, 248 p. ISBN : 978-2-35676-042-5 Prix : 20 €.

"Édouard Méric est un officier dont la trajectoire traverse l’histoire de l’empire colonial, du temps de la guerre du Rif à la fin des protectorats en Tunisie et au Maroc. Dans l’entre-deux-guerres il fut officier des Affaires indigènes au Maroc, de 1943 à 1945, commandant de tabors guerroyant de la Tunisie jusqu’au Danube, puis, de 1946 à 1948, praticien de la contre-guérilla en Cochinchine. En 1954, il est nommé secrétaire des Affaires politiques à Tunis et devient directeur de l’Intérieur à Rabat en octobre 1955. Il sera un artisan convaincu de la politique de transfert de souveraineté décidée par Pierre Mendès France et Edgar Faure qui achemina les deux protectorats à l’indépendance. Cet homme de guerre, compagnon de la Libération et onze fois cité à l’ordre de l’armée, était aussi un intellectuel sous l’uniforme, grand lecteur et écrivain en herbe. Il se heurta à l’opposition acharnée des ultras et à l’incompréhension radicale du milieu militaire, si bien qu’en 1956, il fut relégué dans un commandement fictif en Allemagne occupée.
L’objet de cette biographie est de comprendre comment un soldat, qui fut officier d’ordonnance de Lyautey en 1933, sut capter la confiance des dirigeants nationalistes tunisiens et marocains et collaborer étroitement avec eux lors de la phase de transition. Méric fut un anticolonial atypique, qui concevait l’indépendance du Vietnam, puis de la Tunisie et du Maroc non pas comme la négation de l’expérience coloniale, mais comme son accomplissement. Incompris en son temps, oublié depuis, il mérite d’être restitué comme un des médiateurs entre les deux rives, ayant contribué à l’avènement de deux États-nations malgré les groupes de pression qui freinaient des quatre fers l’avancée de la décolonisation."

Daniel Rivet a enseigné l’histoire contemporaine à la faculté des Lettres et Sciences humaines de Rabat et aux universités Lumière Lyon 2 et Paris 1 Panthéon Sorbonne. Ses travaux ont porté sur le Maghreb à l’époque coloniale, en particulier le Maroc au temps du protectorat. Il collabore aux revues Hespéris Tamuda (Rabat) et Vingtième Siècle. Revue d’histoire (Paris).

Parution aimablement signalée à la Sfhom par Gilbert Meynier.