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Paru récemment Le passé colonial et les héritages actuels en Mauritanie. État des lieux de recherches nouvelles en histoire et anthropologie sociale sous la direction de Mariella Villasante Cervello chez L’Harmattan

Le 30 novembre 2017 à 11h33

Paru récemment Le passé colonial et les héritages actuels en Mauritanie. État des lieux de recherches nouvelles en histoire et anthropologie sociale sous la direction de Mariella Villasante Cervello, avec la collaboration de Christophe de Beauvais chez L’Harmattan, "Études africaines", 2014, 572 p. ISBN : 978-2-343-01767-9 Prix : 48,93 € (existe aussi en version électronique).

"Dans cet ouvrage collectif, nous voulons proposer une nouvelle manière d’analyser la question coloniale et les héritages contemporains postcoloniaux en Mauritanie, en prêtant une attention spéciale aux cadres comparatifs et interdisciplinaires. Notre ouvrage propose une analyse à partir d’une distinction entre les questions de méthode (Première partie) et les interprétations des données d’histoire et d’anthropologie (Deuxième partie). L’horizon temporel couvre le XIXe siècle, le XXe siècle et le début du XXI e siècle. Les contributions sont le fait de chercheurs qui travaillent sur la Mauritanie depuis les années 1980 (Mc Dougall), et les années 1990 (Acloque, Bhrane, Cleaveland, El Bara, López Bargados, Taylor et Villasante Cervello). Nous comptons aussi avec la participation de deux collègues africanistes, Christopher Harrison et (feu) James Searing. Les reconstructions historiques du passé et les examens du présent, se fondent sur des sources d’archives, sur des entretiens et sur des analyses des discours, des idéologies et des stratégies politiques utilisées par les administrateurs coloniaux, puis re-appropriées et manipulées par les administrateurs et par les populations locaux. Le passé colonial mauritanien a laissé des héritages nombreux dans la société et dans l’ordre politique, mais également dans les manières de concevoir et d’écrire l’histoire. Une certaine influence orientaliste, au sens d’Edward Said, centrée sur la seule société arabophone bidân, au détriment des communautés noires du pays [halpular’en, soninké, wolof, mandé], a prédominé dans les études mauritaniennes. Et l’on peut dire également que l’histoire saharienne s’est développée au détriment de l’histoire sahélienne du pays. Les diverses communautés bidân et noires de la société mauritanienne, restent ainsi encore mal connues et peu étudiées. Enfin, les idéologies ethnicistes et/ou les propagandes officielles sur l’esclavage local [officiellement disparu] et sur les violences ethniques des années 1980-90 remplacent souvent l’analyse distancée des faits. Nous espérons que cet ouvrage collectif pourra apporter des idées novatrices et stimuler la recherche, notamment chez les jeunes chercheurs. Le passé historique colonial reste un territoire sujet à des inventions et à des re-créations idéologiques, souvent à des fins de politique politicienne. Dans ce processus de connaissance et d’appréhension du passé colonial et du présent postcolonial, notre rôle en tant que chercheurs et en tant que citoyens est crucial dans la mesure où notre production académique participe directement dans la construction des savoirs sur l’histoire mauritanienne. "



Mariella Villasante Cervello, anthropologue (EHESS), chercheuse associée à l’Institut de démocratie et droits humains (Lima, Pérou), travaille sur la Mauritanie depuis 1986. Elle a repris ses recherches au Pérou, son pays d’origine, depuis 2007. Actuellement, elle prépare une étude sur les violences politiques contemporaines au Pérou et en Mauritanie.


La table des matières provient de la page de Mariella Villasante Cervello sur academia-edu