Le site web de la Société française d’histoire des outre-mers (S
Articles les plus récents
-
Hors-Série Concours de la S
fhom - Capes et Agrégation d’histoire, 2022-2025Commander (10 €) le hors-série Histoire coloniale et impériale de l’Afrique :
https://www.payasso.fr/librairie-sfhom/commandes -
Vient de paraître Histoire de la Syrie. XIXe-XXIe siècle de Matthieu
Rey chez FayardLe 13 avril 2018 à 21h58
Vient de paraître Histoire de la Syrie. XIXe-XXIe siècle de Matthieu
Rey chez Fayard, 2018, 400 p. ISBN : 9782213681894 Prix : 25 €.
"En croisant mémoires, presses et documents déclassifiés, Matthieu Rey éclaire les fondements de la Syrie contemporaine et son histoire tumultueuse. Il nous invite à suivre le devenir toujours incertain d’une communauté politique réunissant des populations variées, des hommes et des femmes qui s’installent et s’organisent sur un territoire.
Récit de la renaissance des campagnes environnant les villes au détriment des mondes nomades, histoire des migrations des Druzes du Liban vers la Syrie, des Montagnards vers les plaines, des campagnes vers les villes, c’est aussi une narration politique ponctuée par des révolutions et des guerres qui donnent naissance à un État dont le cours de l’histoire se révèle dans la crise révolutionnaire. Depuis 2011, la Syrie, chasse gardée de la famille Assad, se trouve au cœur d’une dramatique actualité internationale, déchirée par la guerre civile.
Son histoire n’est-elle pas finalement celle d’espoirs, de heurts, d’essais, d’attentes, de luttes, de violences et de projets partagés entre groupes humains qui tentent de créer les conditions d’un vivre-ensemble dans lequel chacun ait sa place ?"
Chargé de recherche au CNRS et chercheur associé au Collège de France, MatthieuRey consacre ses recherches à la question de la construction de l’État dans l’Orient arabe et persan. -
Vient de paraître Die Deutschen und ihre Kolonien. Ein Überblick sous la direction de Horst
Gründer et HermannHiery aux Be.Bra VerlagLe 13 avril 2018 à 10h59
Vient de paraître Die Deutschen und ihre Kolonien. Ein Überblick sous la direction de Horst
Gründer et HermannHiery aux Be.Bra Verlag, 2017, 352 p. ISBN : 978-3-89809-137-4 (existe aussi en version électronique). Prix : 24 €.
"Zwischen 1884 und 1914 besaß Deutschland ein Kolonialreich, das von Togo in Westafrika bis zu den Inseln Samoas im Pazifik reichte.
Dieses Buch bietet einen kenntnisreichen und allgemeinverständlichen Überblick über das kurzlebige deutsche Kolonialabenteuer. Es informiert über die politischen und wirtschaftlichen Voraussetzungen und Folgen, vor allem aber über den »kolonialen Alltag« und das Zusammenleben von Deutschen und Einheimischen, das keineswegs nur von Widerstand und Gewalt geprägt war.
Im Fokus stehen unter anderem das Wirken von Verwaltung, Justiz und Militär, die christliche Mission, die Rolle der Frauen, die Rassenfrage, die Hoffnungen und Träume nach dem Verlust des Kolonialreichs – aber auch das heutige Erinnern an diesen Teil der deutschen Geschichte.
Ein ausführlicher Bildteil mit vielen bislang unbekannten Fotografien und Karten ergänzen den Band."
deutschen-ihre-kolonien-inhalt.pdf
HorstGründer , geboren 1939, war Professor für außereuropäische Geschichte an der Universität Münster. Er ist Autor zahlreicher Standardwerke zur Geschichte des Kolonialismus und begleitete als Fachberater u. a. die ZDF-Fernsehreihen »Deutsche Kolonien« und »Das Weltreich der Deutschen« .
HermannHiery , geboren 1957, ist Ordinarius für Neueste Geschichte an der Universität Bayreuth mit dem Spezialgebiet
deutsche Kolonialgeschichte. Als langjähriger Vorsitzender der Gesellschaft für Überseegeschichte ist er Herausgeber des »Lexikons zur Überseegeschichte« .
Ouvrage signalé par Chantal Metzger, que nous saluons bien cordialement. -
Vient de paraître L’expédition d’Égypte, Alexandrie et les Ottomans. L’autre histoire de Faruk
Bilici au Centre d’Études Alexandrines (diffusion par les éditions De Boccard)Le 12 avril 2018 à 12h13
Vient de paraître L’expédition d’Égypte, Alexandrie et les Ottomans. L’autre histoire de Faruk
Bilici , Centre d’Études Alexandrines (diffusion par les éditions De Boccard), "Études Alexandrines" (vol. 40), 2017, 367 p. ISBN : 978-2-11-139028-7 Prix : 40 €.
"L’expédition d’Égypte (1798-1801) a surtout été étudiée à partir des sources françaises et britanniques, c’est la première fois que les archives ottomanes, conservées en Turquie, en Égypte et en Bulgarie, sont mobilisées si massivement pour écrire « l’autre histoire », vue et vécue par l’Empire ottoman en mettant au centre de la problématique Alexandrie. Aux objectifs flous dès ses débuts et d’une durée relativement courte, cette expédition a pourtant eu des conséquences durables sur les équilibres politiques, économiques et sociaux de l’Empire ottoman. Ce qui paraissait être au départ une expédition punitive contre les beys mamelouks s’est transformé en un conflit international déplaçant le centre de gravité des politiques européennes en Méditerranée orientale.
Cette recherche a été couronnée par le Prix Édouard Goby de l’Institut de France en 2016."
bilici-egypte-ottomans-tdm.pdf
-
Vient de paraître Les élites coloniales en Amérique coloniale sous la direction de Bernard
Grunberg chez L’HarmattanLe 12 avril 2018 à 11h52
Vient de paraître Les élites coloniales en Amérique coloniale sous la direction de Bernard
Grunberg chez L’Harmattan, "Cahiers d’Histoire de l’Amérique Coloniale", n° 7, 2017, 290 p. ISBN : 9782343112022 Prix : 30 € (existe aussi en version numérique).
"Dans toute société, il existe une « classe » dirigeante, qu’elle soit politique, économique, religieuse, etc., constituée de ce que l’on nomme traditionnellement les élites, qui se différencient du reste de la population. Cette dichotomie peut se fonder sur différents facteurs comme, par exemple, l’origine sociale, le pouvoir économique, la fonction politique ou administrative. Ce-pendant cette notion d’élite est toute relative et ses caractéristiques varient dans le temps et dans l’espace. Les élites du Nouveau Monde ont constitué, dès l’origine, une des bases de l’évolution coloniale. Elles ont influé sur les structures et les changements de la société américaine. Il n’est pas question de s’interroger ici sur le concept d’élite mais, à travers quelques cas particuliers, d’illustrer ce thème sous des aspects fort divers.
Une première partie sera consacrée au rôle des élites indigènes au sein du pouvoir municipal au Mexique, et notamment à Texcoco, suivie de l’étude de la carrière du licenciado J. de Salmerón, un des hommes qui influença la politique indienne de l’Espagne, de celle de Díez de la Calle, un infra-letrado, secrétaire du Conseil des Indes, mais aussi de la fragile condition de l’élite espagnole de Cajamarca (Pérou). Après l’analyse de la vision du missionnaire carme Maurile de Saint Michel dans les Antilles françaises et la description des premiers administrateurs chargés de gérer la France d’Amérique et les stratégies d’alliances des grands sucriers martiniquais, la grande influence des élites caféières du Brésil durant la première République conclura le thème des élites. La seconde partie sera consacrée à la géographie administrative des territoires d’Acámbaro et leur évolution, aux contacts entre les Itzas et les Espagnols, au rôle de la rhétorique du salut religieux dans le contexte du développement de l’esclavage et à la dimension religieuse dans la conflictualité sociale et politique en Amérique espagnole."
bernard-grunberg-elites-tdm.pdf
-
Vient de paraître The Global South Atlantic sous la direction de Kerry
Bystrom et Joseph R.Slaughter aux Fordham UPLe 12 avril 2018 à 11h10
Vient de paraître The Global South Atlantic sous la direction de Kerry
Bystrom et Joseph R.Slaughter aux Fordham University Press, 2017, 336 p. ISBN : 9780823277889 Prix : 35 $ (existe aussi en version numérique).
"Not only were more African slaves transported to South America than to North, but overlapping imperialisms and shared resistance to them have linked Africa, Latin America, and the Caribbean for over five centuries. Yet despite the rise in transatlantic, oceanic, hemispheric, and regional studies, and even the growing interest in South-South connections, the South Atlantic has not yet emerged as a site that captures the attention it deserves.
The Global South Atlantic traces literary exchanges and interlaced networks of communication and investment―financial, political, socio-cultural, libidinal―across and around the southern ocean. Bringing together scholars working in a range of languages, from Spanish to Arabic, the book shows the range of ways people, governments, political movements, social imaginaries, cultural artefacts, goods, and markets cross the South Atlantic, or sometimes fail to cross.
As a region made up of multiple intersecting regions, and as a vision made up of complementary and competing visions, the South Atlantic can only be understood comparatively. Exploring the Atlantic as an effect of structures of power and knowledge that issue from the Global South as much as from Europe and North America, The Global South Atlantic helps to rebalance global literary studies by making visible a multi-textured South Atlantic system that is neither singular nor stable."
global-south-atlantic-toc.pdf
Kerry Bystrom, Joseph R. Slaughter, Luis Felipe Alencastro, Jaime Hanneken, Jason Frydman, Isabel Hofmeyr, Anne-Garland Mahler, Kerry Bystrom, Oscar Hemer, Christina Civantos, Magalí Armillas-Tiseyra, Lanie Millar, Luis Madureira, Maja Horn, Waïl Hassan -
La Société d’Histoire de la Martinique se dote d’une page Facebook
Le 12 avril 2018 à 10h06
La Société d’Histoire de la Martinique
se dote d’une page Facebook !
Marie Hardy, membre du comité de direction de notre consœur la Société d’Histoire de la Martinique, a le plaisir de nous informer que la SHM se dote d’une page Facebook, gérée par notre collègue Marie Hardy.
L’objectif de cette page est de promouvoir les actions de la société d’histoire de la Martinique, tout autant que de relayer les informations ayant trait à l’histoire de la Martinique et des outremers.
Pour que l’histoire des outremers continue à gagner en visibilité !
Contact :
societe.histoire.martinique@gmail.com
Source de l’information :
https://www.facebook.com/Soci%C3%A9t%C3%A9-dHistoire-de-la-Martinique-301582566988461/
Nous tenons à remercier chaleureusement Marie Hardy pour cette information tant précieuse ! -
Conférence ’Mémoire coloniale, mémoire de l’immigration’ avec Pierre Nora et Benjamin Stora (Palais de la Porte Dorée, Mardi 24 avril 2018)
Le 10 avril 2018 à 18h46
Conférence ’Mémoire coloniale, mémoire de l’immigration’
avec Pierre Nora et Benjamin Stora
Débat animé par Alexis Lacroix (L’Express)
Palais de la Porte Dorée
Musée national de l’histoire de l’immigration - Aquarium tropical
Auditorium Philippe Dewite
293, avenue Daumesnil - 75012 Paris
Mardi 24 avril 2018, à 19 heures.
Entrée gratuite, dans la limite des places disponibles.
Réservation sur https://conference24avril2018.eventbrite.fr
"Ce débat entre deux historiens vise à interroger les croisements et les décroisements des mémoires liées à l’immigration et à la colonisation. En évaluant l’impact de l’approche postcoloniale sur les questions migratoires, il s’agit de questionner la place de la mémoire de la colonisation, et de la guerre d’Algérie en particulier, dans l’histoire générale de l’immigration en France.
En quoi ces mémoires traduisent elles les fractures et les impensés de la société française ? Comment faire en sorte que la crise migratoire depuis 2015 ne recouvre pas ces problématiques ? Comment traiter ces questions dans un contexte post attentat ?"
Une rencontre-débat avec :
– Pierre Nora, historien, membre de l’Académie française
– Benjamin Stora, président du Conseil d’orientation du Palais de la Porte Dorée
Conférence animée par Alexis Lacroix, directeur délégué de la rédaction de L’Express.
Source de l’information :
http://www.histoire-immigration.fr/agenda/2018-03/debat-pierre-nora-benjamin-stora
Réservation sur https://conference24avril2018.eventbrite.fr
Nous adressons un amical et chaleureux remerciement à Benjamin Stora (membre du comité scientifique de la Sfhom et président du Conseil d’orientation du Palais de la Porte Dorée), pour nous avoir communiqué cette information tant précieuse -
Colloque "Sortir du colonial. Transformations institutionnelles et rapport à l’État" organisé par l’IRIS (Paris, EHESS, 9-10 avril 2018)
Le 10 avril 2018 à 09h11
Colloque ’Sortir du colonial
Transformations institutionnelles et rapport à l’État’
Organisé par l’IRIS
Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux
EHESS (Salle du conseil) BS1_28
54 boulevard Raspail 75006 Paris
Du lundi 09 au mardi 10 avril 2018
"Débuté en 2014, le programme ANR « AUTOCHTOM » a pour objectif d’examiner la question du « legs colonial » en France à partir d’un point relativement aveugle de la littérature scientifique, celui des indigènes colonisés (ou « assimilés ») de l’empire français, devenus citoyens et restés sous souveraineté française à l’issue de la vague des indépendances des années 1960 et jusqu’à aujourd’hui. Il se concentre en particulier sur trois collectivités de l’outre-mer contemporain – la Guyane, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française – où certains segments des populations colonisées se revendiquent aujourd’hui face à l’État de la catégorie politique et juridique de « peuples autochtones » telle qu’elle a émergé en droit international aux Nations-Unies depuis trente ans. L’enjeu de notre recherche collective consiste à saisir ce qu’il est concrètement advenu des rapports sociaux établis pendant la colonisation, depuis l’accès au statut de département d’outre-mer (Guyane) ou de territoire d’outre-mer (Nouvelle-Calédonie, Polynésie) en 1946. Afin de produire une analyse comparative du rapport à l’État (post)colonial des « autochtones de la République » à partir d’enquêtes ethnographiques et socio-historiques empiriquement fondées, nous avons choisi de resserrer notre champ d’investigation à deux institutions-clés – souvent invoquées mais rarement analysées – auxquelles Amérindiens et Businenge de Guyane, Kanak de Nouvelle-Calédonie et Mā’ohi de Polynésie française sont confrontés : l’école et la justice.
À l’heure de l’achèvement du programme AUTOCHTOM, nous avons souhaité centrer la réflexion sur une question sans cesse revenue au fil de nos recherches pendant ces quatre années d’enquêtes en Guyane, en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie : où et quand s’arrête le processus colonial ? Peut-on sortir du colonialisme sur ces terrains, et si oui comment ? Qu’est-ce que « décoloniser », ou plus généralement « sortir du colonial », veut dire ? Le pari de ce colloque est de penser les dynamiques politiques singulières qui traversent ces trois territoires en les mettant au regard d’autres situations historiques. La thématique de la sortie du colonial sera ainsi questionnée sous trois angles complémentaires : d’un point de vue politique « en général » (première session, lundi matin), au prisme de l’école (deuxième session, lundi après-midi), enfin au prisme de la justice (troisième session, mardi matin). À l’intérieur de chaque session, trois exposés organiseront la comparaison analytique : le premier sera consacré aux recherches de l’équipe AUTOCHTOM sur l’outre-mer contemporain, le second portera une ancienne colonie française devenue un État indépendant, enfin le troisième traitera d’une situation de « décolonisation inachevée » dans le contexte autochtone des Amériques."
apece_cecilia_elimort_20_janvier_2018.pdf
Contact :
iris@ehess.fr
À consulter :
Legs colonial et outre-mer autochtones
Site web de l’Iris
Source de l’information :
https://www.ehess.fr/fr/colloque/sortir-colonial
Via le site Histoire du droit des colonies :
https://www.histoiredroitcolonies.fr/Sortir-du-colonial-Transformations-institutionnelles-et-rapports-a-l-Etat -
Appel à communication pour trois journées d’étude "Enseigner le droit hors des frontières nationales (XIXe-XXe siècles)" (Lyon, 2018 ; Bordeaux, 2020 ; Aix-Marseille, 2021)
Le 9 avril 2018 à 17h29
Appel à communication pour trois journées d’étude
’Enseigner le droit hors des frontières nationales
(XIXe-XXe siècles)’
Lyon, décembre 2018 - « Les lieux et les formes de l’enseignement
juridique hors de la métropole »
Bordeaux, mars 2020 - « Contenu et objectifs de l’enseignement
juridique hors de la métropole »
Aix-Marseille, 2021 - « Les acteurs de l’enseignement juridique
hors de la métropole »
Pour la première journée de Lyon, les propositions de communication, accompagnées d’un bref CV, sont à envoyer aux quatre organisatrices pour le 1er septembre 2018. La décision du comité d’organisation sera notifiée aux intervenants le 20 septembre.
enseigner_le_droit_hors_des_frontieres_nationales-4-1.pdf
"Depuis quelques décennies, l’histoire de l’enseignement du droit à l’époque contemporaine est, en France, un chantier en plein essor. En témoigne la création de la Société pour l’histoire des facultés de droit en 1983, qui a permis la coordination et le développement d’un champ de recherches jusqu’alors délaissé. Cependant, cette histoire des facultés de droit est longtemps restée une histoire des doctrines qui y étaient enseignées et des écoles qui s’y affrontaient. Il a fallu attendre une période plus récente pour que l’historiographie se saisisse des lieux de l’enseignement du droit en eux-mêmes, dans le cadre d’une socio-histoire attentive au fonctionnement de l’institution, à son personnel, ses étudiants, ou encore ses ressources budgétaires. Alors que de telles études fleurissaient déjà dans d’autres disciplines (v. par exemple les travaux de Charles, 2004 ; Picard, 2007 ; Singaravelou, 2009 ; Ferté et Barrera, 2010), les initiatives se sont multipliées ces dernières années chez les juristes, parfois en lien avec les débats actuels liés à l’autonomie des universités ou la rénovation de l’enseignement du droit dans un contexte de globalisation (Ancel et Heuschling, 2016 ; Jamin et Van Caeneghem, 2016).
Ce renouvellement des approches s’est fréquemment adossé à la question des disciplines juridiques. Il a également emprunté le chemin d’un intérêt pour le collectif enseignant. Siprojuris, la base de données bio-bibliographique des professeurs de droit français entre 1804 et 1950, rassemblant 600 individus, a vu le jour, fruit d’un travail collectif coordonné par Catherine Fillon. Ouvrant de nouvelles perspectives pour l’histoire sociale des élites juridiques, cet important déport prosopographique s’est doublé d’un renouvellement de la biographie intellectuelle des professeurs de droit, désormais moins préoccupée de décréter l’existence de « grands juristes » que de décrypter les mécanismes concrets d’accession à la « grandeur intellectuelle ». Enfin, cette nouvelle histoire des facultés de droit s’est souvent concentrée sur des aires géographiques particulières, ce qui a donné lieu à la création, en 2008, du Réseau européen pour l’histoire de l’enseignement du droit.
Le progrès de l’histoire de l’enseignement du droit est par conséquent substantiel pour ce qui concerne la période contemporaine. Ce cycle de journées d’études entend profiter de ces nouveaux acquis pour poursuivre le travail déjà accompli en interrogeant un phénomène peu investi jusqu’alors : l’histoire de l’enseignement du droit hors des frontières nationales aux XIXe et XXe siècles. Certes, l’époque contemporaine est marquée, par rapport au Moyen Âge, notamment, par une incontestable nationalisation du droit et de son enseignement, amorcée à l’époque moderne. A priori, l’on pourrait penser que le temps des pérégrinations académiques est révolu. À y regarder de plus près, toutefois, rien n’est moins sûr. Empruntant des formes variées, une dilatation certaine de l’espace académique français peut également être observée à l’époque contemporaine (Audren et Halpérin, 2013).
Dans le cadre de l’expansion militaire ou coloniale tout d’abord, la métropole entend plaquer son modèle d’enseignement du droit dans le cadre d’institutions dédiées (facultés de droit dans les départements annexés par l’Empire napoléonien ; École de droit d’Alger, expansion universitaire vers le Levant avec les Écoles de droit du Caire ou de Beyrouth, École de droit d’Hanoï, etc.).
En dehors du cadre « autoritaire » des régions militairement occupées ou colonisées ensuite, nombreux sont les professeurs de droit, surtout à partir de l’entre-deux-guerres, à promouvoir le droit français à l’étranger, dans le cadre d’une diplomatie culturelle bien comprise (conférences, cours au sein d’instituts culturels, etc.).
Cette appréhension transnationale de l’enseignement du droit se situe par conséquent à l’articulation d’un triple questionnement : la réflexion similaire venue des historiens d’autres disciplines, qui se sont également saisis de cette question ; le tournant historiographique vers l’histoire globale ou connectée, ainsi que vers la question des circulations, qui entend interroger, voire dépasser les cadres nationaux habituellement retenus pour écrire l’histoire ; la problématique actuelle de la dénationalisation/ globalisation de l’enseignement du droit, qui agite la doctrine.
Il nous a semblé qu’un tel questionnement relatif à l’enseignement du droit hors des frontières nationales était de nature à combler un vide historiographique important, tout en éclairant certains enjeux actuels de la globalisation de l’enseignement du droit. Par ailleurs, les contributions de collègues étrangers pouvant offrir un éclairage similaire dans leurs pays seront particulièrement appréciées. Ces trois journées d’études seront divisées thématiquement :
1) Lyon, décembre 2018 - « Les lieux et les formes de l’enseignement juridique hors de la métropole »
La première journée d’études est consacrée aux diverses modalités structurelles de l’enseignement du droit en dehors du cadre métropolitain. Si, dans ses colonies, un État peut finir par envisager de créer des facultés calquées sur le modèle de la métropole, il lui faut généralement faire preuve de davantage d’inventivité dans les territoires étrangers demeurés maîtres de leur souveraineté où, par surcroît, il peut être en concurrence avec d’autres États tout aussi désireux de promouvoir leur influence politique et juridique. L’éventail des multiples formes retenues, ponctuelles ou plus pérennes (des tournées de conférences, à la main-mise sur des écoles locales, en passant par la création d’instituts culturels…) mérite d’être précisé, mais aussi cartographié. Où ? Suivant quelles formes ? Selon quels partenariats et avec quels financements ? sont autant de questions auxquelles cette première journée souhaite apporter des réponses plus précises.
2) Bordeaux, mars 2020 - « Contenu et objectifs de l’enseignement juridique hors de la métropole »
Cette deuxième journée d’études se concentrera sur la question des cours de droit dispensés hors de la métropole. Quels sont les objectifs de tels enseignements ? (former des élites locales ; apporter une connaissance du droit local aux étudiants français ; acculturer les populations conquises au droit français ; promouvoir la « grandeur » du droit français à l’étranger, etc.). En fonction des différents buts de ces cours, leur contenu diffère-t-il ? Enseigne-t-on de la même manière, par exemple, le droit civil français dans les colonies, dans les pays militairement conquis ou encore dans les instituts culturels à l’étranger ? Autrement dit, les professeurs de droit opèrent-ils une adaptation du contenu de leurs cours en fonction du contexte et/ ou du public auquel ils s’adressent ? C’est, par conséquent, la question des modalités intellectuelles de l’enseignement juridique hors de la métropole qui sera ici abordée.
3) Aix-Marseille, 2021 - « Les acteurs de l’enseignement juridique hors de la métropole »
Enfin, cette troisième journée d’études s’intéressera aux acteurs, qu’ils soient enseignants ou étudiants. Du côté des professeurs, les questionnements concernent, comme souvent dans les problématiques de l’exil durable ou temporaire, la question des profils, des parcours et des raisons, lorsqu’elles existent, qui encouragent à partir. Quelles sont les motivations de ces enseignants ? Matérielles ? Personnelles ? Idéologiques ? Qu’est-ce que l’expérience étrangère nous raconte de ces hommes et de ces femmes : est-elle la preuve d’une plus grande ouverture d’esprit ? A-t-elle des incidences sur leur façon de concevoir et d’enseigner le droit ? Peut-elle avoir un sens politique ?... En parallèle, des interrogations similaires se posent pour les étudiants, en tant qu’individus, mais également en tant que groupes. Les migrations estudiantines peuvent notamment avoir des conséquences sur les équilibres sociaux et culturels des États ou encore sur la circulation des savoirs. Afin de ne pas enfermer ces acteurs du droit dans des spécificités qui pourraient s’avérer trompeuses, nous encourageons leur remise en perspective dans le monde plus global de l’enseignement supérieur, ainsi que les approches comparées.
Bibliographie indicative
Coll., Actes des États généraux de la recherche sur le Droit et la Justice, Paris, Lextenso, 2018, voir en particulier les articles de la partie « professions juridiques et judiciaires ».
Ancel (P.) et Heuschling (L.) (dir.), La transnationalisation de l’enseignement du droit, Bruxelles, Larcier, 2016.
Audren (F.) et Halpérin (J.-L.), La culture juridique française entre mythes et réalités, xixe-xxe siècles, Paris, CNRS éd., 2013.
Audren (F.), « Alma Mater sous le regard de l’historien du droit. Cultures académiques, formation des élites et identités professionnelles », in Krynen (J.) et d’Alteroche (B.) (dir.), L’histoire du droit en France. Nouvelles tendances, nouveaux territoires, Paris, Classiques Garnier, 2014, p. 145-172.
Bastier (J.), « L’enseignement du droit à Alger de 1879 à 1914 », in Nélidoff (Ph.) (dir.), Les facultés de droit de province au xixe siècle, tome 1, Bilan et perspectives de la recherche, Toulouse, Presses de l’Université Toulouse 1 Capitole, 2009, p. 519-542.
Charle (Ch.), « Enseignement supérieur et expansion internationale (1870-1930). Des instituts pour un nouvel empire ? », in Heilbron (J.), Lenoir (R.) et Sapiro (G.) (dir.), Pour une histoire des sciences sociales. Hommage à Pierre Bourdieu, Paris, Fayard, 2004, p. 323-347.
Charle (Ch.), Schriewer (J.) et Wagner (P.) (dir.), Transnational Intellectual Networks. Forms of Academic Knowledge and the Search for Cultural Identities, Francfort, New York, Campus, 2004.
De Mari (E.), Fabre (M.), Renucci (F.), Cours d’histoire du droit colonial, UNJF (en ligne), leçon 10 « De la connaissance à la réorganisation du droit ».
Falconieri (S.), « Le « droit de la race ». Apprendre l’antisémitisme à la Faculté de droit de Paris (1940-1944) », Clio@themis. Revue électronique d’histoire du droit, n° 7, 2014 (en ligne).
Ferté (P.) et Barerra (C.) (dir.), Étudiants de l’exil. Migrations internationales et universités refuges (xvie-xxe s.), Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2010.
Fillon (C.), « L’enseignement du droit, instrument et enjeu de la diplomatie culturelle française. L’exemple de l’Égypte au début du xxe siècle », Mil neuf cent. Revue d’histoire intellectuelle, n° 29 [La Belle Époque des juristes. Enseigner le droit dans la République], 2011/1, p. 123-144.
Fillon (C.), « Le Jésuite, l’Universitaire et le Politique : stratégies de recrutement du corps enseignant de l’École Française de droit de Beyrouth (1913-1939) », in Gaven (J.-C.) et Audren (F.) (dir.), Les facultés de droit de province aux xixe et xxe siècles, tome 3, Les conquêtes universitaires, Toulouse, Presses Universitaires de Toulouse 1 Capitole, 2011, p. 115-138.
Gaillard (A.-M.) et (J.), Les enjeux des migrations scientifiques internationales. De la quête du savoir à la circulation des compétences, Paris, L’Harmattan, 1999.
Gonzalez (C.), « Education and Empire : Colonial Universities in Mexico, India and the United States », Research and Occasional Paper Series, CSHE-Berkeley, 2014 (en ligne).
Halary (Ch.), Les exilés du savoir. Les migrations scientifiques internationales et leurs mobiles, Paris, L’Harmattan, 1994.
Halpérin (J.-L.) (dir.), Paris, capitale juridique (1804-1950). Études de socio-histoire sur la Faculté de droit de Paris, Paris, Éditions rue d’Ulm, 2011.
Jamin (Ch.) et Van Caenegem (W.) (dir.), The Internationalisation of Legal Education, Switzerland, Springer, 2016.
Outre-Mers. Revue d’histoire, t. 105, n° 394-395 [Enseignement supérieur et universités dans les espaces coloniaux : histoire, comparaisons (du xixe siècle aux indépendances)], 2017, coordonné par Hélène Charton et Marc Michel.
Picard (E.), « Étudiants et enseignants : du dossier individuel à la prosopographie », Revue administrative, 2007, p. 55-58 (en ligne sur HAL).
Ponthoreau (M.-Cl.) (dir.), La dénationalisation de l’enseignement juridique. Comparaisons des pratiques, Paris, Institut Universitaire Varenne, coll. « Colloques & Essais », 2016.
Renucci (F.) (dir.), Dictionnaire des juristes ultramarins (xviiie-xxe siècles), rapport de recherche gip « Mission de recherche Droit et Justice », 2012.
Singaravelou (P.), « L’enseignement supérieur colonial. Un état des lieux », Histoire de l’éducation, 122/2009, p. 71-92
Tronchet (G.), Savoirs en diplomatie. Une histoire sociale et transnationale de la politique universitaire internationale de la France (années 1870-années 1930), thèse de doctorat en histoire contemporaine, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2014.
Pour la première journée de Lyon, les propositions de communication, accompagnées d’un bref CV, sont à envoyer aux quatre organisatrices pour le 1er septembre 2018. La décision du comité d’organisation sera notifiée aux intervenants le 20 septembre.
Comité d’organisation
Silvia Falconieri (chargée de recherches CNRS, IMAF) : silviafalconieri@gmail.comCatherine Fillon (professeur, Université Jean Moulin Lyon III) : catherine.fillon@univ-lyon3.fr
Laetitia Guerlain (maître de conférences, Université de Bordeaux) : laetitia.guerlain@u-bordeaux.fr
Florence Renucci (directrice de recherches CNRS, IMAF) : florence.renucci@univ-amu.fr
Comité scientifique
Frédéric Audren (directeur de recherches CNRS, École de droit de Sciences Po)
Isabelle Giraudou (professeur associée, Université de Tokyo)
Jean-Louis Halpérin (professeur, ENS)
Béatrice Jaluzot (maître de conférences, Sciences Po Lyon)
Emmanuelle Picard (maître de conférences, ENS Lyon)
Guillaume Tronchet (chercheur affilié à l’IHMC, ENS-Paris 1)
Source de l’information :
https://univ-droit.fr/actualites-de-la-recherche/appels/26563-enseigner-le-droit-hors-des-frontieres-nationales-xixe-xxe-siecles
Information précieuse communiquée à la Sfhom par Florence Renucci (directrice de recherches CNRS, IMAF), que nous remercions chaleureusement. -
Paru récemment Decolonizing Christianity. Religion and the End of Empire in France and Algeria de Darcie
Fontaine aux Cambridge UPLe 9 avril 2018 à 16h32
Paru récemment Decolonizing Christianity. Religion and the End of Empire in France and Algeria de Darcie
Fontaine aux Cambridge University Press, 2016, 251 p. ISBN : 9781107118171 Prix : 64,99 £ (existe aussi en version électronique).
"Decolonizing Christianity traces the dramatic transformation of Christianity from its position as the moral foundation of European imperialism to its role as a radical voice of political and social change in the era of decolonization. As Christians renegotiated their place in the emerging Third World, they confronted the consequences of racism and violence that Christianity had reinforced in European colonies. This book tells the story of Christians in Algeria who undertook a mission to ’decolonize the Church’ and ensure the future of Christianity in postcolonial Algeria. But it also recovers the personal aspects of decolonization, as many of these Christians were arrested and tortured by the French for their support of Algerian independence. The consequences of these actions were immense, as the theological and social engagement of Christians in Algeria then influenced the groundbreaking reforms developing within global Christianity in the 1960s."
decolonizing-christianity-toc.pdf
DarcieFontaine is an assistant professor of history at the University of South Florida. She is the recipient of numerous fellowships to support her research in Europe and North Africa, including a Fulbright-IIE fellowship to France and multiple grants from the American Institute of Maghrib Studies. Her scholarship situates the history of modern France and its empire in a global perspective, and seeks to trace the long-term impact of colonialism and decolonization on a wide spectrum of actors, institutions, and ideas. She is currently completing a textbook on France and its empire from the eighteenth century to the present.















